Mylène Demongeot, héroïne antique : (2/4)


Mylène Demongeot a joué dans trois péplums : La bataille de Marathon (La Battaglia di Maratona de Jacques Tourneur, 1960) ; L’enlèvement des Sabines (de Richard Pottier, 1961) et L’or des Césars (Oro per i Cesari de André De Toth et Sabatino Ciuffini, 1964). Dans chacun, elle interprète un personnage de jeune femme qui, si elle sait prendre des initiatives, reste soumise à l’ordre masculin. Dans La bataille de Marathon, elle est la vierge Andromède, fille de l’archonte Creus (1). Elle apparaît, pour la première fois, dans un scène où, en position de meneuse, elle lit à ses amies les exploits des héros grecs. Dans L’enlèvement des Sabines, elle est Réa, fille du roi des Sabins, mais sa position dominante résultant de sa lignée royale est immédiatement tempérée par sa qualité de vestale soumise aux dieux. Enfin, dans L’or des Césars, elle est Pénélope, la favorite du proconsul Maximus, bénéficiant donc d’une position à la fois privilégiée et dépendante.

2. Des personnages entre initiative et soumission

Andromède de La bataille de Marathon correspond à l’archétype vieillot de la belle jeune fille, archétype qui n’a pas changé depuis… Molière : elle se rebelle – gentiment – contre son père qui lui désigne un fiancé, mais n’imagine pas sa vie sans se placer dans les bras d’un homme. Ainsi, lorsqu’elle prie la déesse avec ses amies, c’est pour lui demander : « Faites que nous rencontrions celui qui nous apportera la joie du cœur ». De plus, sa beauté est sans cesse vantée : lors de sa première rencontre avec Philippidès qui deviendra son amoureux, ce dernier la compare à une statue : « Tu as la grâce d’une statue de Diane » et le méchant Théocrite qui l’a enlevée, célèbre aussi son rôle « décoratif » en la plaçant comme figure de proue d’un navire perse.

Si Andromède conduit un char, le personnage demeure bien « sous la double figure traditionnelle de la pureté et de la grâce, à la fois docile et provocante » (3). Ce que confirme Mylène Demongeot dans ses mémoires. Elle raconte que lorsque le réalisateur Jacques Tourneur a laissé sa place à Bruno Vaïlati, ce dernier lui a demandé d’être sexy et qu’elle s’est donc tortillé « comme un ver de terre ». Pour la comédienne, « ce film est à hurler de rire » (2).

Réa de L’enlèvement des Sabines est aussi voire plus déterminée encore qu’Andromède puisque faite prisonnière par les Romains, elle réussit à s’évader et à regagner son royaume. Face à ses compatriotes qui n’ont pas de mots assez durs pour qualifier le rapt des Sabines auquel ont procédé les Romains, c’est Réa qui les excuse en expliquant qu’ils ont agi ainsi parce qu’ils avaient été  maltraités par les Sabins ! Il faut dire qu’auparavant, Romulus, le roi des Romains avait vu Réa et en était tombé amoureux.

Enfin Pénélope de L’or des Césars est le personnage qui vit la plus grande évolution. Au départ, Pénélope est tout à la fois frivole et ambitieuse : elle se félicite de sa nouvelle robe et demande à son protecteur Maximus de l’emmener à Rome, car elle pense comme lui qu’il va devenir empereur. Sa rencontre avec l’esclave-architecte Lacer dont elle tombe amoureuse, bouleverse sa vie. « Avant j’étais perdue et à présent je ne le suis plus » lui confie-t-elle pendant les fêtes des Saturnales. C’est donc elle qui donnera ses bijoux – preuve qu’elle a abandonné toute frivolité – contre un cheval pour aller avertir Lacer, car le centurion auprès de qui il travaille a ordre de le tuer. Au final, le personnage de Pénélope rejoint les deux autres : ses initiatives et son autonomie s’arrêtent là où commence l’amour pour un homme et sa beauté est tout autant soulignée. À ce titre, Lacer énonce une très belle mise en abyme du male gaze – ou « regard masculin » combinant narcissisme, fétichisme et voyeurisme – lorsqu’il dit à Pénélope : « Quand tu es seule et que tu crois que personne ne te regarde, tu es une créature exquise ».

Marc Gauchée

À suivre

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1.Les archontes étaient des magistrats qui dirigeaient la cité grecque.

2. Tiroirs secrets, Le Pré aux clercs, 2001.

3. Michèle Lagny, « Sous le conformisme, la résistance », in Le péplum : l’Antiquité au cinéma, Claude Aziza (coord.), CinémAction, n°89, Corlet-Télérama, 4ème trimestre 1998.

4. Laura Mulvey, « Visual pleasure and narrative cinema », Oxford Journals, vol. 16, n°3, automne 1975.

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« Papiers nickelés » a fêté ses 20 ans


La revue Papiers nickelés est née en 2004, mais elle est l’émanation d’une association qui a vu le jour en 2001 pour la création d’un « Centre international de l’imagerie populaire, du dessin imprimé et du patrimoine sur papier ». L’anniversaire a été célébré au 100ecs (100 rue de Charenton, Paris XIe arrondissement) le 16 juin 2021.

Les images de la fête et des 3 mini-conférences (Yves Frémion : « À qui appartient Snoopy ? » ; Alex Nikolavitch : « Pourquoi Superman porte un slip sur son collant ? » et Stéphane Grobost : « L’envol chez Moebius ») sont sur YouTube.

Le dernier numéro paru de Papiers nickelés est le 69, sommaire et commande sur le site de l’association.

Bon anniversaire !

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Cachez ce genou…


Revoir Le genou de Claire, le cinquième des « Contes moraux » d’Éric Rohmer, sorti en 1970… Un demi-siècle plus tard, on se demande si un tel film placé entre La collectionneuse et L’amour l’après midi (1), pourrait être aujourd’hui programmé sur une chaîne de télévision, le monde du cinéma étant, comme nul n’en ignore, traumatisé par l’affaire Gabriel Matzneff et toutes celles qui ont suivi.

Le rôle de Jérôme interprété par Jean-Claude Brialy est celui d’un homme en voie de mûrissement qui aime les jeunes, voire les très jeunes filles, à qui il offre dans ce film d’infra-préliminaires. L’alibi de son amie écrivaine (Aurora Cornu) à qui il sert de cobaye, d’inspirateur et de muse au masculin, ne trompe personne. C’est bien le regard d’un cinéaste âgé – alors de cinquante ans – qui est en jeu.

L’ambiguïté de ce film et sa richesse viennent de ce que l’on hésite quant au registre d’expression du désir. S’agit-il d’interroger les limites ce que l’on peut suggérer ou montrer au cinéma ? Si oui, Rohmer joue bien avec la frontière, non point dans l’expression possible de la nudité, mais dans la légitimité de l’objet du désir. Ou s’agit-il, pour le cinéaste, d’assumer tout simplement ses pulsions érotiques  brimées par son catholicisme ?

Si ce chrétien, tendance janséniste, n’a jamais cédé aux avances de ses actrices, on ne peut nier en revanche qu’il aura souvent mis en scène, et dans ce film particulièrement, de très jeunes femmes. Au cours des années qui suivront, ces actrices vaudront au maître une sainte admiration et cette main sur un genou  vaudra à Rohmer le prix Louis-Delluc, avant plusieurs autres récompenses.

Au moment du tournage, Laurence de Monaghan (Claire) était âgée de 16 ans, même si elle en paraît davantage, tandis que Béatrice Ramon, qui semble en avoir 14, en a en fait 18. Ce sont deux objets d’un désir dont on reconnaît au cinéaste le talent de l’exprimer en images, mais qui renverraient aujourd’hui à la fameuse question du consentement éclairé.

Le frère du cinéaste, le philosophe René Scherer, les deux se ressemblant comme deux goutes d’eau bénite, au moment presque où sortait sur les écrans Le Genou de Claire, a subi une levée de boucliers à propos de ce qui était considéré comme une dérive de sa défense d’une enfance libérée des contraintes, sur le versant homosexuel.

Quant à Rohmer, il nous souvient de l’avoir jadis entendu surnommé le cinéaste des « petites culottes » (2). Toujours est-il  que les sensibilités ont évolué. Si l’on peut sourire de l’interdiction aux moins de 16 ans qui marqua la sortie des Bonnes femmes de  Claude Chabrol en 1960, la tolérance envers l’amour charnel  pour les mineurs a régressé et nul ne s’en plaindra. # Me Too est passé par là.

Jean-Pierre Bacot et Yolande Bacot

1. Lors de la publication des scénarios des « Contes moraux » d’Éric Rohmer (1920-2010), Le Genou de Claire est placé entre La Collectionneuse et L’Amour l’après-midi. Mais les films sont sortis selon l’ordre suivant : La Boulangère de Monceau (1962) ; La Carrière de Suzanne (1963) ; La Collectionneuse (1966) ; Ma nuit chez Maud (1969) ; Le Genou de Claire (1970) et L’Amour l’après-midi (1972).

2. Louis Skorecki écrit à propos de Pauline à la plage que ce film « comme souvent chez Rohmer, s’intéresse aux petites culottes des petites filles modèles » (Libération, 5 juin 1998).

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Celles qui n’assurent pas qu’en Rodier/ 2/ Eleanor Washington (Gail Neely), la maman noire, vengeresse et libre


Surf Nazis Must Die (de Peter George, 1987) se déroule dans un « avenir proche ». Après un gigantesque tremblement de terre, Eleanor Washington (Gail Neely) quitte sa maison détruite. Elle est aidée par son fils Leroy (Robert Harden) et est accueillie dans un centre pour retraités sur la côte californienne… où elle s’empresse de punaiser un drapeau américain au dessus d’un miroir dans sa chambre puis organise des parties de poker et fume avec les autres pensionnaires âgées : « Je vais vous rependre en main moi les filles ! » Les limites du personnage sont donc bien définies : ce n’est pas une révoltée, mais, au contraire, une femme complètement intégrée à la société américaine du monde d’avant le tremblement de terre.

Or, depuis cette catastrophe, les plages sont placées sous la menace de gangs de surfeurs. Il y a les gangs des samouraïs, des culturistes, des bikers… et le pire de tous est le gang des nazis avec croix gammées, salut hitlérien, un chef nommé Adolf (Barry Brenner) et sa petite amie Eva (Dawn Wildsmith) (1). Les surfeurs nazis dépouillent les usagers de la plage, défendent leur « espace vital » maritime et liquident un à un les autres gangs. Les affaires marchent bien pour eux (et cela dure pendant près d’une heure pour un film d’une durée totale de 1h23) jusqu’à ce qu’ils tuent Leroy. En effet le fils d’Eleanor s’est interposé pour empêcher le vol d’un sac d’une vieille dame par un enfant – un « rat » – entraîné par les surfeurs nazis.

Eleanor, affligée par la mort de son fils, organise alors sa vengeance dans les 20 dernières minutes : elle commence par incendier les planches des surfeurs nazis et, comme tout bon Américain, achète un pistolet Walther P38 et des grenades à l’épicier du coin. Elle fait exploser à la grenade le surfeur nazi appelé Mengele (Michael Sonye), décapite Eva dans l’eau avec l’hélice d’un hors-bord et achève Adolf d’une balle dans la bouche. Le film se termine sur l’image d’Eleanor chevauchant, vengée, la moto volée à Adolf et Eva.

Outre son mauvais goût dans la veine de la nazisploitation, Surf Nazi Must Die est un film de genre avec une certaine ambivalence. C’est ainsi qu’Eleanor assure alors que, mère célibataire, elle ne répond pas aux canons physiques des héroïnes de films de genre et d’action. Mais elle incarne aussi une Afro-américaine parfaitement compatible avec l’époque reaganienne (2), rendant hommage à la bannière étoilée, ayant recours aux armes et se faisant justice… Elle s’inscrit pleinement dans les mythes conformistes des justiciers solitaires et, à la fin, des cow boys s’éloignant au soleil couchant. Elle est libre, Eleanor, sa différence est dans sa motorisation. D’ailleurs, le film de Peter George finit là où pourrait commencer un road movie, mais comme un film à la sauce des années 1980, c’est-à-dire l’exacte opposé des décennies précédentes avec l’emblématique contestataire Easy Rider (de Dennis Hopper, 1969).

Marc Gauchée

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1. Malgré toutes ces références au IIIème Reich, dans la version française, les « surfeurs nazi » deviennent les « surfeurs nasty » (sic), c’est-à-dire les « méchants surfeurs » !

2. Ronald Reagan était Républicain et a été président des États-Unis de 1981 à 1989. Ses deux mandats sont marqués par le renouveau de la droite américaine fondé sur l’économie de l’offre.

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Ma pièce en 15 fois 1 acte, « Rendez-vous au Château » est parue


Un président de la République en exercice qui renonce à se représenter ; un écologiste qui, bien que désigné par des élections primaires internes, se rallie au candidat socialiste ; les deux grands partis de gouvernement qui désignent des candidats tellement radicaux qu’ils se révèlent incapables de rassembler leur camp ; un candidat de droite englué dans les affaires ; un candidat de gauche abandonné par les siens ; un hologramme qui fait campagne ; un souverainiste qui s’allie à la candidate d’extrême-droite…  Les élections présidentielles de 2017 ont réservé bien des surprises et des rebondissements avec, au final, un ex-banquier-ministre-de-l’économie-démissionnaire célébrant sa victoire « éclair » devant la pyramide du Louvre. Thomas Legrand, journaliste politique, avait d’ailleurs chroniqué ces élections dans une série sur France inter intitulée « À la hussarde ».

Pour l’affiche du second tour de 2022, les choses s’annonceraient moins originales avec « le retour de la revanche » de 2017. Mais ce serait oublier le goût des Françaises et des Français pour déjouer les doctes affirmations pré-électorales et les cycles politiques qui ont tendance à s’accélérer. Dans cette pièce en 15×1 acte, j’ai mis en scène des candidates, candidats et responsables politiques pris dans la douce incertitude des urnes, entre grandes stratégies et petits arrangements. Et toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé pourraient ne pas être complètement fortuite. Finalement 2022 pourrait aussi posséder son lot d’originalités !

Rendez-vous au Château est désormais disponible sur le site BoD.

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Quitte à rouvrir les festivals…


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Mylène Demongeot, héroïne antique (1/4)


Quand elle se compare physiquement à Brigitte Bardot, Mylène Demongeot est sans indulgence : « un corps divin, hyper-mince avec de gros seins. Je la vois, je suis verte ! Tout ce que je ne serai jamais ! ». Elle en conclut : « comparée à elle que je trouve absolument divine, je ne suis pas grand-chose et je me demande ce qui a bien pu plaire en moi » (1). Pourtant, en cette fin des années 1950, Mylène Demongeot qui sort de son rôle remarqué d’Abigail dans Les Sorcières de Salem (de Raymond Rouleau, 1957) a réussi à s’imposer comme l’autre jeune comédienne blonde du cinéma français.

1. D’abord se libérer de Brigitte Bardot

L’époque est aussi marquée par la deuxième grande vague de péplums avec des co-productions internationales et hollywoodiennes et, dans ce genre cinématographique, Mylène Demongeot l’emporte largement dans la comparaison avec Brigitte Bardot.

La star tropézienne a en effet joué dans deux péplums en 1956 : Hélène de Troie (Helen of Troy de Robert Wise) et Les week-ends de Néron (Mio figlio Nerone de Steno). Dans le premier, elle interprète Andraste, l’esclave d’Hélène (Rossana Podesta). Le personnage est mineur et stéréotypé : elle se pâme avec sa maîtresse devant la beauté de Pâris échoué sur les côtes troyennes : « Comment un homme ici ? Mais c’est intéressant » et ne veut donc pas qu’il soit remis aux soldats parce qu’il est trop beau. Dans le second, elle est Poppée, la fiancée vénale de Néron, tout aussi stéréotypée. Elle a divorcé de deux maris et, lorsque Néron veut la faire étriper, elle ouvre son corsage et obtient sa grâce : « Si tu as décidé ma mort, transperce toi-même ma poitrine ! ». Quelles que soient la qualité ou la médiocrité de ces deux films, le triptyque beauté-servitude-vénalité résument assez bien les rôles antiques confiés à Brigitte Bardot. Quant à Mylène Demongeot, elle a joué dans trois péplums : La bataille de Marathon (La Battaglia di Maratona de Jacques Tourneur, 1960) ; L’enlèvement des Sabines (de Richard Pottier, 1961) et L’or des Césars (Oro per i Cesari de André De Toth et Sabatino Ciuffini, 1964).

Ces trois films se situent plutôt à la fin de la seconde vague des péplums commencée lors de la décennie précédente et qui se termine avec les productions très onéreuses comme Cléopâtre (Cleopatra de Joseph L. Mankiewicz, 1963) et La chute de l’Empire romain (The Fall of the Roman Empire d’Anthony Mann, 1964). Le genre, outre ses débordements financiers, touchait à ses limites en répétant les mêmes archétypes. Mylène Demongeot en était consciente : alors qu’on lui proposait d’intégrer le film La bataille de Marathon, elle qui ne voulait pas le faire, suivit les conseils de Paulette Dorisse, son agente, et demanda un triple salaire… qui fut accepté ! L’actrice reconnait qu’elle l’a donc fait pour « l’argent et les vacances » et qualifie le film de « produit. C’est le mot juste » (2).

Marc Gauchée

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1. Tiroirs secrets, Le Pré aux clercs, 2001.

2. Ibid.

À suivre

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Du sang et des larmes!


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Celles qui n’assurent pas qu’en Rodier/ 1/ Sharon Cross (Suzanne Solari), la nonne guerrière en patins à roulettes


Dans les années 1980, Donald G. Jackson a réalisé plusieurs films avec des héroïnes en patins à roulettes. Suzanne Solari figure dans deux d’entre eux : dans Roller Blade en 1986, et, trois ans plus tard, en 1989, dans Roller Blade Warriors : Taken by Force. Elle y interprète Sharon Cross, une nonne en patins à roulettes de l’Ordre du « Roller Blade ».

Le genre « patins à roulettes » avait commencé à la fin de la décennie précédente avec Skatetown, U.S.A. (de William A. Levey, 1979) qui raconte l’affrontement de deux amis lors d’une compétition en disco et en patins et Roller Boogie (Les challengers de Mark L. Lester, 1979) qui raconte l’amour entre une bourgeoise et un prolétaire participant, ensemble, à une compétition de patins à roulettes, là aussi sur fond de musique disco. Dans la deuxième partie des années 1980, la mode n’est plus au disco mais à la post-apocalypse. Il faut dire que George Miller est passé par là avec Mad Max (1979) ; Mad Max 2 (Mad Max 2 : The Road Warrior, 1981) et Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (Mad Max Beyond Thunderdome, 1985)… la mode a donc changé, seuls les patins sont restés.

Les deux films de Donald G. Jackson se passent donc au « second âge des ténèbres », fait de déserts et de sites industriels désaffectés… ce qui amoindrit considérablement le coût du tournage et limite bien souvent le patinage à une marche entravée sur des sols irréguliers. De plus, les costumes et les accessoires relèvent plus de la récup’ et du bric-à-brac sans grande cohérence et toujours à moindre frais. Quant à l’ordre du « Roller Blade », il est représenté par un smiley lumineux. Ce n’est pourtant pas le souci des dépassements budgétaires qui explique l’aspect minimaliste du costume des nonnes, mais plutôt un certain goût pour l’érotisme cheap des années 1980 post-pornographiques, avec des string en simili cuir et des décolletés profonds. Enfin, Sharon Cross est armée d’un sabre de samouraï qui équipera également la mariée (Uma Thurmann) de Kill Bill (de Quentin Tarentino, 2003)(1). Elle possède aussi le pouvoir de guérir – même un mort -, mais ne peut l’exercer qu’une seule fois sur la même personne.

Dans Roller Blade, Sharon Cross a l’un des rôles principaux. Elle a pour mission de récupérer le cristal de puissance que possédait son ordre religieux et dont s’est emparé pour dominer la terre le docteur Saticoy (Robby Taylor). Elle mène sa mission en patins, d’ailleurs tout le monde se déplace en patins, c’est même un impératif pour survivre puisqu’un graffiti dans les décombres d’une rue indique « Skate or die »… ce qui ralentit sensiblement l’action déjà pas rapide quand, par exemple, un guerrier du docteur Saticoy doit emprunter une échelle en patins !

Dans Roller Blade Warriors : Taken by Force, Sharon Cross n’a qu’un rôle secondaire. Elle vient renforcer, avec deux autres nonnes tout aussi patineuses, la nonne guerrière Karin Cross (Kathleen Kinmont) devant conduire la vierge oracle Hope (Elizabeth Kaitan) jusqu’à la mère supérieure de l’Ordre. Sharon et ses sœurs arrivent ainsi à délivrer Hope qui, attachée sur un vieux sommier dans une usine désaffectée, allait être offerte en sacrifice à un mystérieux monstre. Les deux films de Donald G. Jackson mélangent sexe et violence. Si le sexe peut apparaître au premier abord comme très soft, se focalisant essentiellement sur les seins des actrices, il est en revanche toujours l’occasion de scènes de violences contre les femmes : coups et viols. Mais, et c’est une des originalités de ces films, les femmes savent répondre à la violence masculine : en premier lieu les nonnes guerrières sabrent sans hésiter en tant que gardiennes de la « paix » du monde et miroir des ordres de moines-soldats comme celui des Templiers. Mais les personnages féminins secondaires savent également user de violences : ainsi les captives dans Roller Blade Warriors : Taken by Force, les seins nus et les mains entravées, n’hésitent pas à donner des coups de pieds à leurs ravisseurs. Quant aux hommes, leurs personnages passent leur temps à perturber la « paix » du monde en se mettant au service d’esprits monstrueux et maléfiques : dans Roller Blade, l’aspirant dictateur, le docteur Saticoy, obéit à une marionnette de tête monstrueuse au bout d’un de ses bras (!) et dans Roller Blade Warriors : Taken by Force, les hommes chassent les femmes pour les offrir en sacrifice à un monstre fait de bandelettes (re-!).

Voyeurisme complaisant, indigence des moyens, jeu approximatif, effets spéciaux sanglants relevant de la sauce tomate, combats minimalistes et rebondissements prévisibles… il s’agit certes de petits films. Mais les dernières images de Roller Blade Warriors : Taken by Force témoignent aussi de leur ambivalence : d’un côté une image d’inversion des genres avec  les nonnes et l’oracle de dos, partant à cheval comme les cow boys, de l’autre les mêmes érotisées et posant de face. En 1977, Patrick Juvet chantait Où sont les femmes ? (2), en 1989, le cinéma de genre faisait croire que les hommes avaient disparu.

Marc Gauchée

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1. Quentin Tarentino ne retiendra pas, en revanche, le string des nonnes en patins à roulettes, préférant faire porter à sa mariée une combinaison moulante en couleurs à la Emma Peel (Diana Rigg dans Chapeau melon et bottes de cuirThe Avengers, 1965-1967).

2. Musique de Patrick Juvet et paroles de Jean-Michel Jarre, album Paris by Night.

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Vague à l’âme


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Des « Faucheurs de marguerites » à « L’adieu aux as » : l’amour des femmes et l’ambition des hommes (4/4)


Une des figures classiques des rapports de sexe dans les fictions est celle où le héros masculin est empêché à vivre ses aspirations artistiques ou professionnelles par la femme qui l’aime et qu’il aime, mais qui endosse le « sale rôle » de briseuse d’ailes. Nous faisons cependant l’hypothèse que les mœurs évoluant, le « sale rôle » est de mieux en mieux partagé. Par ailleurs les années 1970 sont aussi celle de l’expression de revendications féministes qui dépassent la « libération sexuelle » pour concerner tous les aspects de la vie des femmes. Les 4 mini-séries télévisées, chacune de 6 épisodes, créées par Jean-Louis Lignerat et diffusées de 1974 à 1982, ont retracé l’histoire de l’aviation depuis 1890 jusqu’en 1939 à travers le personnage d’Édouard Dabert (Bruno Pradal). Après ʺLes faucheurs de margueritesʺ (de Marcel Camus en 1974) ; ʺLe temps des asʺ (de Claude Boissol en 1978 et ʺLa conquête du cielʺ (de Claude-Jean Bonnardot, 1980), voici ʺL’adieu aux asʺ (de Jean-Pierre Decourt, 1982).

Cette série d’articles propose donc d’examiner, pour chacune de ces mini-séries, comment Édouard Dabert parvient à concilier aventures aériennes et amoureuses et si les personnages féminins parviennent à suivre leur propre parcours d’émancipation.

L’Adieu aux as : la combattante

Cette dernière mini-série (6 épisodes de 55 minutes), créée par Jean-Louis Lignerat sur les pionniers de l’aviation a été réalisée par Jean-Pierre Decourt et diffusée à partir de mars 1982 sur TF1.

Le rôle traditionnel, mais devenu ingrat, de femme au foyer est renvoyée hors de France, en Allemagne. C’est Renate (Reinhild Schneide), l’épouse de Hans (Gernot Endemann), ami du héros Édouard Dabert (Bruno Pradal). Quand Hans retrouve ses amis français , Renate enfile un tablier sur sa belle robe bleue, s’affaire en cuisine et fait le service pendant que les hommes discutent et boivent au salon ! Et quand les trois amis, avec des tabliers, se retrouvent dans la cuisine pour faire la vaisselle, Renate en bonne ménagère est la garante du bon déroulement de la soirée : « dépêchez-vous le café va être froid ».

Le plus important est qu’Hans cache à Renate – évidemment toujours inquiète, « quand il est là-haut, il s’imagine qu’il a vingt ans » – qu’il vole en secret. Mais, quand, enfin, elle apprend qu’Hans va faire une course, Édouard lui dit qu’il n’y a rien a craindre : « c’est vrai, s’il ne serre pas trop ses virages ». Ce qui n’empêche pas Édouard, le lendemain, d’expliquer la raison de l’échec d’Hans à Renate : « il aurait pu gagner, il ne serrait pas assez ses virages, il pensait trop à vous ». C’est toujours la faute des femmes, surtout celles qui restent au foyer ?

Plus intéressante est l’évolution du personnage de la pilote Joséphine (Christine Laurent) : d’abord embauchée dans la compagnie de transport de Julien, le fils d’Édouard, elle émigre ensuite au Canada et pilote un petit avion sanitaire au service des villages indiens et des campements de trappeurs. Elle double cet engagement aérien d’un engagement politique : lorsque la guerre civile éclate en Espagne en 1936, elle propose ses services aux Républicains. Elle est la femme active, mobile, qui parcourt le monde et décide de ses amours et de son destin. Joséphine pourrait reprendre les propos de l’aviatrice Hélène Boucher : « Voler est la seule chose qui me donne l’impression d’être vivante » (1).

La mini-série réassigne pourtant chaque genre à son rôle traditionnel dans une ultime scène. En 1939, au moment du déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, Renate et Joséphine, comme ces femmes de marins attendant sur le rivage le retour de leurs hommes, guettent l’arrivée de l’avion d’Édouard qui rapatrie le corps d’Hans. Renate évoque alors son défunt mari : « Tu vois, Jo, on dirait qu’il s’est arrangé, sans même l’avoir voulu, pour ne pas avoir à supporter une autre guerre ».

Marc Gauchée

1. Citée in Le ciel est à elles, documentaire de Valérie Manns, 2020.

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Ton compte est bon


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« Des Faucheurs de marguerites » à « L’adieu aux as » : l’amour des femmes et l’ambition des hommes (3/4)


Une des figures classiques des rapports de sexe dans les fictions est celle où le héros masculin est empêché à vivre ses aspirations artistiques ou professionnelles par la femme qui l’aime et qu’il aime, mais qui endosse le « sale rôle » de briseuse d’ailes. Nous faisons cependant l’hypothèse que les mœurs évoluant, le « sale rôle » est de mieux en mieux partagé. Par ailleurs les années 1970 sont aussi celle de l’expression de revendications féministes qui dépassent la « libération sexuelle » pour concerner tous les aspects de la vie des femmes. Les 4 mini-séries télévisées, chacune de 6 épisodes, créées par Jean-Louis Lignerat et diffusées de 1974 à 1982, ont retracé l’histoire de l’aviation depuis 1890 jusqu’en 1939 à travers le personnage d’Édouard Dabert (Bruno Pradal). Après ʺLes faucheurs de margueritesʺ (de Marcel Camus en 1974) et ʺLe temps des asʺ (de Claude Boissol en 1978), voici ʺLa conquête du cielʺ (de Claude-Jean Bonnardot, 1980).

Cette série d’articles propose donc d’examiner, pour chacune de ces mini-séries, comment Édouard Dabert parvient à concilier aventures aériennes et amoureuses et si les personnages féminins parviennent à suivre leur propre parcours d’émancipation.

La conquête du ciel : femmes libérées

La mini-série La conquête du ciel  (6 épisodes de 55 minutes), créée par Jean-Louis Lignerat et réalisée par Claude-Jean Bonnardot, est diffusée sur TF1 à partir de septembre 1980. Elle oppose deux types d’émancipation féminine incarnés dans deux personnages différents, alors qu’Édouard Dabert (Bruno Pradal) poursuit son chemin au sein des compagnies aériennes qui se mettent en place dans les années 1920-1930. L’importance toute nouvelle de ces rôles féminins semble tirer les conséquences de l’émergence du mouvement féministe des années 1970 qui s’achèvent.

D’un côté, Joséphine (Christine Laurent), veuve d’Étienne, pilote de chasse mort pendant la Grande guerre, travaille d’abord pour les actualités cinématographiques. Mais, marchant dans les traces de son défunt mari, elle obtient bientôt son brevet de pilote. Cependant, après, elle suit une voie originale. Comme elle le confie à Édouard, elle ne veut pas se remarier « je ne veux plus dépendre d’un homme », rejoignant les propos des aviatrices bien réelles Maryse Bastié : « mon entourage me trouve monstrueuse de préférer mon zinc de métal à tout amour » ou Adrienne Bolland : « ce qui compte c’est la liberté. Dès qu’on avait décollé, on était maître après Dieu » (1). Joséphine s’attaque au record d’endurance, fait la rencontre de Petra (Michaela May), une aviatrice allemande, et les deux femmes naviguent sur la ligne Munich-Moscou.

De l’autre côté, Louise (Anne-Marie Besse), fille d’un riche industriel, séduit Julien Dabert (Daniel Rivière), le fils d’Édouard. C’est une jeune femme qui sait ce qu’elle veut : « et bien soit, j’ai envie de vous ». Son passé est quasiment mythique : elle aurait épousé un prince, divorcé un an après, conduit une ambulance sur le front, gagné le concours hippique de Deauville, acculé un colonel anglais au suicide et inventé un cocktail qui porte son nom !

Louise épouse Julien qui se fait embaucher par la compagnie « France-Orient » puis par l’« Aéropostale ». Mais Louise n’est pas passionnée par l’aviation, elle s’ennuie bientôt et divorce. Ce qui « libère » Julien et permet à la série de remettre de l’ordre en faisant correspondre sentiments amoureux et ambitions aériennes… et donc de réunir les deux pilotes, Julien et Joséphine. Il est également possible de voir la fin de la mini-série comme un passage de relai matérialisé par Julien quittant Louise pour Joséphine. Louise est une héritière qui vit une libération essentiellement sexuelle quand Joséphine doit gagner sa vie et vit une libération plus complète incluant donc sa dimension économique.

Marc Gauchée

1. Citées in Le ciel est à elles, documentaire de Valérie Manns, 2020.

À suivre : L’adieu aux as : la combattante

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Nous aussi…


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« Furie » et « Madame porte la culotte », deux des 25 films de procès dans le cinéma américain, chroniqués dans « L’Avant-scène cinéma »


L’Avant-scène cinéma n°680-681 de février-mars 2021 est consacré à Autopsie d’un meurtre d’Otto Preminger et présente notamment « 25 films de procès dans le cinéma américain » dont :

Furie (Fury) de Fritz Lang, 1936

 « Pendant la dernière demi-heure du film, 22 citoyens de la ville de Strand sont traduits en justice pour avoir lynché Joe Wilson en incendiant la prison où il était enfermé par erreur. Mais l’originalité de ce procès est double. D’abord l’unité de lieu est sans cesse perturbée par les allers-retours avec l’extérieur du tribunal. Ensuite la force des images s’impose aux témoignages et plaidoiries prononcés dans la salle d’audience... »

Madame porte la culotte (Adam’s Rib) de George Cukor, 1950

« Doris Attinger a tiré sur son mari Warren et sa maîtresse Beryl. Il n’a été que blessé mais Doris est jugée. Au tribunal, les époux Bonner se retrouvent face à face : Adam est le substitut du procureur et Amanda – prénom qui ressemble à ʺAdamʺ en verlan – est l’avocate de Doris… »

Retrouvez les deux articles de Marc Gauchée dans le numéro double de L’Avant-scène cinéma.

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Alors, vacciné?


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Le Prix « Papiers Nickelés »-SoBD à Juan Sasturain


            Malgré la situation pandémique et le report à décembre du SoBD, le prix Papiers Nickelés-SoBD a quand même été attribué et remis en direct sur le Net.

Dans une compétition serrée, ce prix récompensant le meilleur travail sur le dessin imprimé (bandes-dessinées, dessin d’humour et d‘actualité, affiche, illustration, gravure, imagerie) a été attribué aux entretiens que Juan Sasturain avait eus avec Alberto Breccia. Ce classique a enfin  été traduit en français aux éditions Rackham.

Juan Sasturain, gendre de Breccia, a pu réaliser de façon à la fois professionnelle et intime ce qui constitue une vraie autobiographie du géant de la BD argentine. Ce dernier, salué sans conteste par tous les dessinateurs du monde comme un des plus virtuose et des plus inspirants, a une œuvre considérable, avec des séries phares comme ‘’Mort Cinder’’, ‘’Perramus’’ ou ‘’L’Eternaute’’. Il a travaillé sur les meilleurs scénarios de Sasturain, mais aussi avec Hector Oesterheld et quelques autres, adaptant beaucoup de classiques littéraires.

L’ouvrage, un pavé après lequel il sera difficile d’ajouter grand-chose sur Breccia, était incontestablement un candidat parfait pour ce huitième prix, annoncé par Renaud Chavanne (directeur du SoBD) et Yves Frémion (rédacteur-en-chef de Papiers Nickelés). Hélas sans foule cette année pour applaudir le lauréat qui n’avait pu se déplacer depuis l’Argentine. Il lui sera remis prochainement la dotation du prix, une collection complète, reliée, de Papiers Nickelés, soit 67 numéros.

Papiers Nickelés

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La croisière ne s’amuse plus du tout


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L’érotisme selon Valéry Giscard d’Estaing


En 1994, Valéry Giscard d’Estaing publie un roman, Le passage (Robert Laffont), qui raconte la rencontre entre Charles, jeune « notaire de la campagne beauceronne » à Saint-Thuret près de Vendôme, et d’une mystérieuse auto-stoppeuse, Natalie, alors qu’il se rend à une partie de chasse en Sologne. Il la recueille dans sa voiture, puis chez lui et enfin dans son lit avant qu’elle le quitte sans explication, rendant le notaire à ses plaisirs cynégétiques. Le moment de la rencontre est présenté comme décisif dans la vie bien réglée du notaire…

Lire la suite de l’article de Marc Gauchée sur Fragments sur les temps présents

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Il y en a donc qui n’étaient pas à la télé…


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Des Faucheurs de marguerites à L’adieu aux as : l’amour des femmes et l’ambition des hommes (2/4)


Une des figures classiques des rapports de sexe dans les fictions est celle où le héros masculin est empêché à vivre ses aspirations artistiques ou professionnelles par la femme qui l’aime et qu’il aime, mais qui endosse le « sale rôle » de briseuse d’ailes. Nous faisons cependant l’hypothèse que les mœurs évoluant, le « sale rôle » est de mieux en mieux partagé. Par ailleurs les années 1970 sont aussi celle de l’expression de revendications féministes qui dépassent la « libération sexuelle » pour concerner tous les aspects de la vie des femmes. Les 4 mini-séries télévisées, chacune de 6 épisodes, créées par Jean-Louis Lignerat et diffusées de 1974 à 1982, ont retracé l’histoire de l’aviation depuis 1890 jusqu’en 1939 à travers le personnage d’Édouard Dabert (Bruno Pradal). Après ʺLes faucheurs de margueritesʺ (de Marcel Camus en 1974), voici ʺLe temps des asʺ (de Claude Boissol en 1978).

Cette série d’articles propose donc d’examiner, pour chacune de ces mini-séries, comment Édouard Dabert parvient à concilier aventures aériennes et amoureuses et si les personnages féminins parviennent à suivre leur propre parcours d’émancipation.

Le temps des as : c’est lui ou elle

La mini-série Le temps des as (de Claude Boissol, 1978) diffusé sur TF1 marque une première transition dans la conciliation entre aventures aériennes et amoureuses, mais en la vivant sous forme d’alternance : c’est soit l’homme, soit la femme, pas les deux ensemble, qui peuvent réaliser leurs ambitions.

Ainsi, la mini-série s’ouvre, comme la première Les faucheurs de marguerites, sur une scène reprenant la tradition : l’effacement obligatoire de la femme pour que l’homme puisse se réaliser. Avec deux nuances de taille, dans Le temps des as, la femme n’est pas délaissée, elle est tuée, certes accidentellement… et c’est même quasiment de sa faute comme l’explique Édouard Dabert (Bruno Pradal) : « Elle voulait voir comment c’est là-haut, elle insistait depuis des mois ».

En effet, la mini-série commence en 1910, sur le terrain d’aviation d’Issy-les-Moulineaux, Édouard donne à son épouse Jeanne (non créditée au générique), son baptême de l’air mais l’avion s’écrase. Si Édouard en sort vivant, Jeanne est tuée. Julien (Jean-Marc Thérin), leur petit garçon, accuse son père « C’est de ta faute », remarquons que c’est surtout ce jugement filial plus que la mort de sa femme qui ébranle Édouard et le décide de se retirer pour travailler dans un garage en Bretagne. C’est là qu’il fait la connaissance d’un autre mécano, Étienne Leroux (Jean-Claude Dauphin) qui rêve de voler. Mathieu, le père adoptif d’Étienne (Fred Personne) est résigné et rappelle la concurrence entre vie sentimentale et ambition personnelle : « C’est pas une femme qui me le prendra, c’est l’aviation ». Cette amitié avec Étienne replonge bientôt Édouard dans l’aventure aérienne.

La mini-série se termine toutefois par un passage de relai : Étienne devient un pilote, rencontre  Joséphine Lemieux (Christine Laurent), une jeune journaliste canadienne, avec qui il se marie. Mais, aviateur pendant la guerre, il se fait tuer. Joséphine reçoit alors son baptême de l’air et décide d’apprendre à piloter. Le relai est pris, sur le mode alternatif donc : pour Édouard, son épouse est morte, pour Joséphine, son époux est mort. Il faut cependant remarquer la prudente gradation quant à l’affirmation d’une émancipation féminine puisque le choix de Joséphine de devenir aviatrice peut se lire comme une transmission ou un hommage posthume à son mari, elle reprend le flambeau en abandonnant sa première carrière de journaliste.

Marc Gauchée

À suivre : La conquête du ciel : l’ambition des femmes

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Plus un geste… sauf barrière!


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À propos d’« En thérapie »


La série En thérapie (1) est au départ une série israélienne BeTipul (2) dans le contexte des attentats et reprise dans plus de 15 pays européens, américains et asiatiques. Elle nous offre une fiction dans la réalité française de l’après « Bataclan » qui nous permet, sinon de vivre, du moins de ressentir ce que peuvent être des séances d’analyse.

Fiction, donc invention. Avec parfois il est vrai, un trait trop appuyé dans les situations ou les dialogues.

Elle nous montre les effets de la cure de parole (« talking cure »). Le psychanalyste, le docteur Philippe Dayan (Frédéric Pierrot), rebondit  à partir de la parole de l’analysant. Il ne sur-interprète pas. Il relève tel ou tel lapsus, surgissement de l’inconscient. Comme Freud, il explique à ses patients les raisons de leur mal-être et le mécanisme en jeu.

La dimension transférentielle apparaît avec la séduction, l’agressivité, la passion, la provocation : ses impasses qu’il importe de dépasser. Le Dr Dayan est parfois débordé sans doute par un cadre qui n’est pas assez rigoureux.

Le lieu même du cabinet – « Ta grotte » dit Charlotte (Elsa Lepoivre), l’épouse du Dr Dayan – est véritablement inscrit comme un lieu singulier, à part, LE lieu où la parole peut se dire et être entendue. L’accent est mis sur « la parole pleine » (Lacan) et non pas sur une parole vide qui serait comme une teissère, cette pièce de monnaie usagée qu’on se passe de main en main.

Le fameux divan est remplacé par un canapé sur lequel les patients s’assoient au lieu de s’allonger. L’échange est donc frontal. La jeune chirurgienne, Ariane (Mélanie Thierry), qui veut séduire son psychanalyste s’assied en face de lui pour le subjuguer.

Le Dr Dayan n’est pas un surhomme et il se confronte au cours de séances ardues avec sa superviseuse à ses tourments. Les dialogues sonnent juste, sont précis et quant au jeu d’acteur, on ne peut que louer chacun dans sa véracité. Cette série nous montre l’intérêt et la difficulté d’une cure analytique, ses impasses et ses pépites.

Françoise Bernard

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1. En thérapie, série d’Éric Toledano et Olivier Nakache, Arte, 2021.

2. BeTipul (בטיפול), série de Hagai Levi, Nir Bergman et Ori Sivan, Hot 3, 2005-2008.

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Cette année-là!


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[Chrono] 1980/ Valérie Giscard d’Estaing : l’hommage oublié du cinéma


En 1980, dans L’infirmière n’a pas de culotte, Francis Leroi rend hommage à Valéry Giscard d’Estaing (VGE) encore président de la République. Le film raconte le séjour du couple Mercier (Claude Valmont et Danièle David) dans une clinique qui soigne les dysfonctionnements sexuels à coups d’agressions, de viols et de lavements. Lorsque Madame Mercier reçoit la visite du docteur (Jean-Pierre Armand) et d’un infirmier (Gérard Grégory), voilà qu’apparaît le t-shirt siglé « Giscard à la barre » venu de la campagne présidentielle de 1974.

L’hommage qui se veut certes humoristique, peut s’expliquer par le rôle joué par le président de la République dans la libéralisation des écrans et, de fait, dans l’essor du genre pornographique dont relève – on l’aura deviné – L’infirmière n’a pas de culotte. En effet, tout juste élu, VGE met en pratique sa promesse de suppression de la censure et, bientôt, les films pornographiques prolifèrent à Paris comme en régions : « des films de moindre qualité, au titre alléchant à la limite de l’escroquerie, tournés avec quatre bout de Chatterton et une dizaine de paires de fesses, sortaient des petites salles cradingues spécialisées pour atterrir dans les grandes salles familiales des casinos, à la mer comme à la montagne » (1). La majorité de droite grince des dents et VGE finit par réagir. Il signe le décret du 31 octobre 1975 qui écarte les œuvres pornographiques des soutiens publics puis fait adopter la loi de finances pour 1976 du 30 décembre 1975 instaurant le classement X. Mais, jusqu’à l’arrivée de François Mitterrand à la présidence en 1981, cette loi X est largement contournée et son application n’est pas très rigoureuse. C’est Jack Lang, devenu ministre de la Culture, qui déclenche les hostilités envers le genre et le relègue dans les salles spécialisées.

Philippe Augier, responsable des « Jeunes giscardiens » en 1974, a raconté que le slogan « Giscard à la barre » avait été trouvé par Anne d’Ornano, l’épouse de Michel alors directeur de la campagne électorale (2). En 1974, VGE incarnait d’ailleurs tellement la jeunesse et le changement que Brigitte Bardot qui soutenait déjà les animaux (politiques), a également été vue avec le t-shirt « Giscard à la barre ». À l’heure des hommages, il aurait été dommage d’oublier ceux de Francis Leroy et Brigitte Bardot en leur temps.

Marc Gauchée

P.S.: le 1er mai 1974, Johnny Hallyday soutenait également VGE… aux côtés de Danièle Gilbert, Chantal Goya et Jean-Jacques Debout, complétant ainsi la « dream team » giscardienne.

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1. Tony Crawley et François Jouffa, L’Âge d’or du cinéma érotique et pornographique, 1973-1976, Ramsay, 2003.

2. Rédaction de France Bleu Normandie, « Giscard et la Normandie : dans les coulisses du slogan « Giscard à la barre » », francebleu.fr, 3 décembre 2020.

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L’autorité et le charme?


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Cinquante nuances de Saint-Gély (2/2)


Dans « Les nouvelles aventures de Vidocq » de Georges Neveux (scénariste) et Marcel Bluwal (réalisateur) diffusé en 1971  (1ère saison) et 1973 (2ème saison), François Vidocq (Claude Brasseur), pourtant chef de la Sureté, est régulièrement ligoté par la multirécidiviste baronne Roxane de Saint-Gély (Danièle Lebrun) qu’il tente d’arrêter en vain. Roxane de Saint-Gély et François Vidocq s’affrontent, mais comme ils sont également épris l’un de l’autre, leur relation prend des tournures sadomasochistes. Ainsi, régulièrement, la baronne tente d’éliminer Vidocq et Vidocq tente d’arrêter la baronne… tout en couchant ensemble. Après les tentatives de ligotage de Roxane (1er article), c’est au tour de François de tenter de menotter la baronne.

La première fois que Vidocq passe les menottes à la baronne, c’est dans l’épisode 2, première saison, intitulé Les trois crimes de Vidocq. Mais François est sous le charme de la belle Roxane et s’endort après une nuit d’amour. Au réveil, Roxane a fui et elle est  remplacée par sa femme de chambre, Mariette (Monique Thierry)… avec qui François couche également, sûrement pour se consoler. Dans l’épisode suivant (Les chevaliers de la nuit), Roxane rappelle d’ailleurs à François : « Il ne faut jamais arrêter une femme dans sa chambre à coucher ». En écho, dans l’épisode 5, première saison, intitulé Échec à Vidocq, Vidocq fait transférer la baronne menottée par son adjoint Flambard (Marc Dudicourt) en l’avertissant : « Cette femme-là est plus forte que vous et moi »… et lors de son transfert elle s’évade avec l’aide de complices.

Mais l’érotisme sadomasochiste de la série prend une tournure explicitement ludique lorsque, dans l’épisode 6, première saison, intitulé Les banquiers du crime, François et Roxane passent à nouveau une nuit d’amour menottés et, au réveil, François se réveille avec un chaton à la place de la main de sa maîtresse !

Il faut pourtant croire que le jeu finit par lasser Vidocq. Dans le dernier épisode, Vidocq et compagnie, François met tout en œuvre pour parvenir à arrêter Roxane qui, réussit à rallier le nouveau régime et à sauver sa tête une fois de plus. L’histoire pourrait donc, comme dans les autres épisodes, se terminer par une danse ou une nuit d’amour, mais Vidocq refuse d’accompagner Roxane. Elle demande alors, les yeux humides : « Tu ne m’aimes plus ? » et François de répondre : « Quelle importance… » Comme si, finalement, sa mission policière était plus sérieuse que sa vie amoureuse, comme si les tentatives d’entraves n’étaient pas un jeu, comme si Vidocq n’en pouvait plus de voir cette femme toujours lui échapper et orchestrer, à son rythme, leur relation.

Cette fin marque l’échec de la rencontre entre un romantique et une romanesque. Vidocq est romantique parce qu’il veut démasquer la baronne pour avoir accès direct à sa vérité, à ses sentiments et à son âme. De plus il n’arrive pas à trouver sa cohérence dans une époque incohérente avec les loyautés successives qu’il faut endosser à chaque changement de régime impérial ou monarchique. C’est pour cela que l’accomplissement de sa mission – l’arrestation de la baronne – lui apparait nécessaire, c’est son seul point d’ancrage. Mais, face à l’insaisissabilité de Roxane, il préfère rompre. En revanche, Roxane de Saint-Gély est romanesque parce qu’elle ne cesse de révéler les faux-semblants de son époque. Elle appartient pleinement à son siècle qu’elle traverse avec ironie. L’amour comme le reste est un jeu où tous les autres, à part Vidocq, ne font que de la figuration. Sa tristesse et sa déception finale sont d’autant plus grandes qu’elle croyait avoir trouvé en François un partenaire et un égal.

Marc Gauchée

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Masque en rade


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Cinquante nuances de Saint-Gély (1/2)


Dans les années 1950 et 1960, les héroïnes de films historiques « en costume », connurent une surenchère de violences. Caroline de Bièvre (Martine Carol) est violée par le postillon Jules (Alfred Adam) pendant les journées révolutionnaires. Plus tard, arrêtée par les Vendéens, leur chef Pont-Bellanger (Pierre Cressoy)  la dépoitraille et la soufflète… avant certes, de s’excuser quand il reconnait une noble et d’encaisser un soufflet par Caroline en retour (Caroline chérie de Richard Pottier,1951). Dans la suite (Un caprice de Caroline chérie de Jean Devaivre, 1953), quand les patriotes italiens reprennent la ville de Pretorbia, ils  tondent les femmes ayant couchés avec les Français, les recouvrent de boue et les mettent nues.

Mais un cran est franchi avec la série des Angélique, interprétée par Michèle Mercier. Dans Merveilleuse Angélique (de Bernard Borderie, 1965), les prostituées arrêtées après la prise du repaire des bandits sont fouettées. Le sadisme donne libre court dans les films suivants avec, toujours, une touche orientale : dans Angélique et le Roy (de Bernard Borderie, 1966), l’ambassadeur de Perse, Zoukim Batchiary Bey (Sami Frey), explique que tout le monde déteste les coups que l’on ne peut pas rendre, mais « pas les femmes ! » et explique à Angélique sa « méthode » avec elles : le viol (!). Enfin, dans Angélique et le Sultan (de Bernard Borderie, 1968), Angélique, pourtant prisonnière du harem, repousse les avances du sultan Moulay-El-Raschid (Aly Ben Ayed) de Mikenez et lui crache au visage, ce qui lui vaut d’être fouettée (1).

Il faut attendre les années 1970 et l’explosion de l’érotisme et de la pornographie sur les écrans, pour que le sadisme envers les femmes se pare d’un discours pédagogique dans des films comme Emmanuelle et Histoire d’O (de Just Jaeckin, 1974 et 1975). Dans ces films, les viols répétés et les flagellations administrées avec constance ne visent qu’à parfaire l’éducation sexuelle de ces pauvres épouses ou fiancées jamais suffisamment déniaisées pour le plaisir de leur mari, amant, dieu et maître.

Pendant que le cinéma entretenait l’ambivalence d’une libération sexuelle à coups de fouet, la télévision osait inverser les rôles et faire d’un homme la victime régulière d’une femme. Dans Les nouvelles aventures de Vidocq de Georges Neveux (scénariste) et Marcel Bluwal (réalisateur) diffusé en 1971  (1ère saison) et 1973 (2ème saison), François Vidocq (Claude Brasseur), pourtant chef de la Sureté, est régulièrement ligoté par la multirécidiviste baronne Roxane de Saint-Gély (Danièle Lebrun) qu’il tente d’arrêter en vain.

Il faut dire que cette « confusion » des rôles est bien dans l’ambiance de l’époque puisque les deux saisons couvrent la fin du Premier empire, la première Restauration, les Cent jours et la seconde Restauration, autrement dit des périodes où les ralliements et les trahisons sont monnaie courante.

Roxane de Saint-Gély est une délinquante prête à servir tous les régimes politiques du moment que cela lui permet de s’enrichir. Elle affronte donc François Vidocq, mais comme ils sont également épris l’un de l’autre, leur relation prend des tournures sadomasochistes. Ainsi, régulièrement, la baronne tente d’éliminer Vidocq et Vidocq tente d’arrêter la baronne, tout en couchant ensemble. Marcel Bluwal a expliqué que l’originalité du feuilleton réside certes dans  le mélange entre les histoires politiques et la pègre, mais aussi dans le couple formé par Vidocq et la baronne avec leurs « rapports sadomasos » (2).

Quant à Danièle Lebrun, elle décrit son personnage comme « une Milady mais avec un côté beaucoup plus coquin, beaucoup moins méchant » ; « elle est dangereuse. C’est une femme qui a les dents longues, qui veut de l’argent à tout prix et qui aime bien en même temps se taper quelques bonhommes » (3).

Dès le premier épisode, La caisse de fer, Vidocq se retrouve prisonnier de la baronne de Saint-Gély. Elle vient lui faire ses adieux, il est ligoté sur des caisses, au fond de la cale d’un bateau. Elle lui sort le grand jeu, exprime sa satisfaction de le rencontrer et lui propose de s’associer dans le crime, avant de le quitter en lui affirmant qu’elle est la personne qui le regrettera le plus ! Une scène quasi identique se trouve à l’épisode 6, première saison, intitulé Les banquiers du crime. Vidocq est à nouveau ligoté à fond de cale, la baronne arrive, lui confie ses regrets devant son refus de s’associer avec elle et d’être contrainte de l’envoyer par le fond : « aucune femme ne te regrettera plus que moi ». Elle embrasse alors « le seul homme que j’aurais aimé ».

Dans l’épisode 7,seconde saison,  intitulé La bande à Vidocq, Roxane révèle l’identité de François à ses amis Chouans qui s’empressent donc de le retenir prisonnier. La baronne espérait ainsi inciter le chef de la Sureté à rallier sa cause : « parce que je t’aime François » et elle ajoute « d’ailleurs toi aussi tu m’aimes ». Enfin, dans l’épisode 10, seconde saison, intitulé Vidocq et l’archange, Roxane retient François dans une cave, sans le ligoter cette fois, pour le convaincre de participer au complot contre Louis XVIII jugé trop mou par le clan des ultras.

Face à cette redoutable adversaire, François est comme Roxane, il tente de concilier ses projets avec ses sentiments et, comme la baronne, il se révèle tout aussi inefficace.

Marc Gauchée

À suivre…

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1. Christelle Taraud, « Angélique et l’Orient : une certaine vision de l’altérité ? », L’Homme & la Société, n°154, 2004/4.

2. Marcel Bluwal, entretien de 2006 avec Philippe Durant, Les nouvelles aventures de Vidocq, supplément du DVD, INA, 2013.

3. Ibid.

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L’autre vague


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