[La Scène qui déchire] Des terroristes s’essaient à l’humiliation par le clown


LesLoupsEntreEux1

Il parait que l’internet, dans ses recoins les plus sombres, livre des secrets pour fabriquer une arme, s’introduire dans des lieux interdits ou encore déjouer les services de sécurité. Le cinéma s’est aussi essayé depuis plus longtemps à cultiver un côté obscur. Ainsi, dans Les Loups entre eux (de José Giovanni, 1985), des terroristes livrent le secret pour faire parler un général de l’Organisation du traité de l’Atlantique-Nord (OTAN).

Un matin, en Italie, le général Lee W. Simon, détenteur d’informations capitales sur la défense de l’OTAN, est enlevé par des terroristes. Selon les services occidentaux, ce seraient des « chacals », des extrémistes italo-allemands ayant l’appui d’un pays de la Méditerranée (qui n’est pas nommé). Pour amener le général à parler, ces extrémistes l’affublent d’un faux crâne de clown avec une perruque rouge qui se soulève, comptant sur l’humiliation pour faire craquer le haut gradé !

Apparemment, ils ont pompé cette méthode de guerre psychologique dans une des aventures de Lucky Luke : Western Circus (de René Goscinny et Morris, 1970). Dans cet album, Rattlesnake Joe, tueur, est engagé pour abattre l’éléphant d’un cirque. En effet le commanditaire est un organisateur de rodéos qui craint la concurrence. Mais pris pour un apprenti circassien par le directeur alcoolique, Rattlesnake Joe est testé dans plusieurs numéros dont un numéro de clown où il est affublé d’une perruque qui se soulève grâce à une poire dissimulée sous les vêtements ! De gêné, le tueur en devient nerveux et rate l’éléphant avant de s’enfuir en courant : il n’a pas rempli son contrat.

WesternCircus2

En revanche, dans Les Loups entre eux, le général résiste à l’humiliation clownesque et les terroristes changent alors de méthode : ils abattent devant lui un juge, ce qui déclenche les confessions du général. Comme quoi un revolver tue plus sûrement que le ridicule.

Dans le cinéma du milieu des années 1980, le recours au clown est une fausse bonne idée qui a pourtant bien servi : ainsi, en 1985, Jean-Paul Belmondo se déguise en clown pour braquer une banque dans Hold-up (d’Alexandre Arcady) et Alain Delon pour coincer un flic ripoux venu au cirque dans Parole de flic (de José Pinheiro). Les deux stars nationales qui se rêvaient augustes ne sont pas sorties rajeunies de ces clowneries. Peut-être parce que ce cinéma d’action « de papa » n’est crédible ni en psychologie, ni en second degré.

Marc Gauchée

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