Jappeloup à 2 contre 1


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Je les avais là. J’avais promis un ciné à ma copine, mais j’aurais du m’abstenir. Il n’y avait rien de franchement bandant dans les salles : un polar qui fait des noeuds avec Jean Dujardin au bord du burn-out (Möbius pour Télérama). Un Die-Hard de fin de série (pour Première) et des spring-breakeuses un peu trop racoleuses (pour La Croix). Tout un programme. Après un long moment de gamberge, je me suis décidé pour Jappeloup. La côte du film me paraissait honnête et je sentais qu’il se pourrait, contre toute attente, que ce soit le meilleur à l’affiche. Ce biopic équin avait les faveurs de la presse et des spectateurs (ceux qui pondent des avis sur Allociné du moins) qui ne s’y sont pas trompés. Au finish, le plus accablant est sans doute que Guillaume Canet réussit un tour de force avec cette plongée inédite dans l’univers du jumping dont il a écrit le scénario et les dialogues. Qui l’eût cru ?

Jappeloup est un roman d’apprentissage que Canet fait sien avec assez de cœur et d’ingrédients pour que la mayonnaise prenne. Au menu : l’histoire de Jappeloup, entre rejet (trop petit, trop noir) et canonisation. Celle ensuite de Pierre Durand, tiraillé entre sa vie d’avocat provincial et une passion du chwal n’ayant d’égal que celle de Denisot. Son pari du retour à la compétition pour faire plaisir à son père, ses heurts avec les pontes de la Fédération, sa haine cordiale de son entraîneur. Sans oublier une couche sur l’histoire du père. Sa vie, ses rêves, sa mort dans la carrière. Ajoutez au casting une petite palefrenière aux yeux de folle qui est la seule qui s’occupe du canasson que son père, un Jacques Higelin gonflé au botox et à l’Armagnac, a vendu à Durand pour une proverbiale bouchée de pain. Des victoires, des humiliations, des retours en grâce. Des chutes. Des coups bas. Et pour conclure, l’entrée du couple dans la légende à Séoul. Qui ne pourra bien sur avoir lieu que lorsque le cavalier et sa monture auront su tisser une vraie complicité.

Autrement dit le programme était sacrément casse gueule, aussi exigeant qu’une volte olympique pour un cinéaste pas tout à fait confirmé au parcours hasardeux comme Guillaume Canet. Mais au final, il faut bien avouer qu’il réalise un sans faute avec une reprise bien exécutée qui nous en donne pour notre argent (ce qui à 11 euros la place est toujours un challenge). Spielberg aurait pu faire un remake de ce truc. Mais Jappeloup n’est pas à vendre, c’est la leçon de l’histoire. C’est du patrimoine sur pattes.

Guillaume L.

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