L’Urgence européenne


Dans Mort d’un pourri de Georges Lautner (1977), Xavier Maréchal (Alain Delon) met à jour la corruption qui touche certaines élites entre affaires immobilières et trafic d’armes. Il découvre également que ces députés et ministres « pourris » ne sont que l’étage politique d’un système beaucoup plus vaste. Les ordres viennent du dessus, de l’étage économique et de l’inquiétant Tomski (Klaus Kinski), garant d’intérêts sans visage. D’ailleurs, Tomski déniaise Xavier Maréchal en lui expliquant : « En attendant qu’ils installent l’internationale des prolos, on a mis en place l’internationale du pognon ».

Ces propos rappellent les « conseils avisés » (Christian Chavagneux, Alternatives économiques, n°317, octobre 2012) donnés par Pierre Mendès-France dès 1930. À cette date, la France commence à peine à subir les premiers effets de la Grande Dépression. C’est cette année-là que Mendès-France publie La Banque internationale, un essai où il met en garde contre la finance internationale. En effet, la Banque des règlements internationaux (BRI) est alors créée pour gérer le problème des réparations dues par l’Allemagne aux alliés anglais, américains et français de la Grande Guerre. Mais Mendès-France s’inquiète des pouvoirs confiés à la BRI qui peut, par la distribution sélective de crédits, orienter les politiques des États. Il écrit ainsi : « On bâtit l’Internationale de la finance avant l’Internationale du travail, de la production d’intérêt général, de la paix, le danger est que celle-ci ne se fasse que sous le contrôle et à la discrétion de l’argent-roi ».

Dans les années 1970, Tomski ne faisait que résumer avec cynisme ces propos de Mendès-France. Seule une union politique européenne peut exercer un contre-pouvoir efficace à la finance internationale, c’est ce que préconisait déjà Mendès-France en 1930… et ce qui reste d’actualité en 2012.

Marc Gauchée

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Un commentaire pour L’Urgence européenne

  1. DESETRES Jean-Claude dit :

    J’ai failli cliquer sur « j’aime ». Malheureusement il manque l’indication majeure à propos du film, il est dialogué par Michel Audiard.

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